Timothée Jezek

Design System ANS × DSFR

On ne m’a pas demandé de trancher entre deux design systems. C’était pourtant la vraie question.

Rôle
UI / Product designer, conseil et système
Période
2025 → 2026
Contexte
Agence du Numérique en Santé, via Atos / Eviden
Outils & stack
DSFR 1.14.x · Design tokens JSON · Génération assistée par IA · Dépôts open source ansforge
Planches de composants du système DSFR thématisé : badges de référence avec états et tailles, champs de saisie avec états d’erreur et de validation, boutons primaires et secondaires avec icônes, déclinés dans tous leurs états.

Mandat

L’ANS entretenait son design system ; l’État impose le DSFR à tous les services publics. Mission de conseil et de système : définir comment l’Agence porte les deux.

Défi

Ne pas choisir entre conformité et identité. Réécrire un système par-dessus le DSFR aurait doublé la maintenance et cassé l’accessibilité native à chaque montée de version.

Solution

Une couche de thématisation additive : le DSFR reste la base intacte, l’identité ANS se superpose par 138 tokens sémantiques à deux modes. Cœur technique open source (ansforge).

Résultats

Un système thématisé qui suit les mises à jour DSFR sans douleur, et surtout un critère durable : savoir quand thématiser, et quand rester en DSFR pur.

Le système de thématisation en vrai : 138 tokens sémantiques à deux modes. Le même token résout vers les primitives DSFR en mode DSFR-light, vers les primitives ANS en mode ANS. L’additif, matérialisé.
Le récit complet, décision par décision

L’ANS entretenait historiquement son propre design system. En parallèle, l’État impose le DSFR à tous les services publics numériques. Deux systèmes, une seule agence. La commande disait « installez le DSFR » ; la vraie question était : que fait-on de l’identité de l’Agence quand l’État impose la sienne ? Il fallait un pont, pas un choix binaire.

La réponse : une couche de thématisation additive. Le DSFR reste la base non modifiée, l’identité ANS se superpose par des tokens et une extension isolée, avec une table de correspondance qui guide la migration composant par composant depuis l’ancien système. Le cœur technique est open source (organisation ansforge). La sortie la plus durable n’est pas un fichier CSS : c’est le critère qui dit quand thématiser, et quand ne pas le faire.

Les décisions

L’additif plutôt que le remplacement

Réécrire un design system complet par-dessus le DSFR aurait doublé la maintenance et cassé l’accessibilité native à chaque montée de version. La position tenue : on ne touche pas au cœur DSFR ; on surcharge par des tokens et une feuille dédiée. La conformité reste « gratuite », les mises à jour restent indolores, et on ne thématise un composant que si l’identité de l’ANS l’exige vraiment.

Générer les tokens par IA, valider par jugement

L’IA accélère la partie combinatoire : produire et faire correspondre des dizaines de variantes de tokens JSON compatibles DSFR. Elle ne remplace pas le jugement : chaque lot est vérifié à la main : contraste (seuils RGAA), fidélité à la marque, cohérence entre composants, et l’accessibilité qui ne doit jamais reculer. Un token généré peut être joli et non conforme.

Savoir quand ne pas thématiser

Quand le téléservice de certification est arrivé, l’outil de thématisation existait, et la réponse a été de ne pas s’en servir : DSFR pur, parce qu’un service régalien doit être reconnu comme un site de l’État, pas comme une marque d’agence. Un outil dont on ne sait pas quand se servir n’est qu’un gadget ; la mission a livré le critère.

Étude suivante

Pro Santé Identité

L’appli qui certifie l’identité numérique des soignants, testée deux fois : la satisfaction passe de 3,4 à 4,3 sur 5.